Le LEC, 50 ans d’Histoire

Le LEC une Histoire 

Depuis 50 ans, le LEC tient une place particulière dans notre cité de Grasse. C’est un exemple de partenariat avec la Ville. Ce dernier pour exister nécessite deux partenaires au moins. Dans le domaine des loisirs éducatifs, complément de la Vie de l’Enfant dans sa famille et du travail de l’école, le LEC est un élément durable.

Fort de ce triptyque il a ainsi une trajectoire pédagogique déterminée qui est sa boussole. Il fut imité, il a aidé d’autres structures et associations à se développer dans le même sens, sous la forme d’unités de travail qui furent par la suite intelligemment coordonnées.

Pour comprendre tout cela, il faut connaitre la genèse des choses …

En 1967, lorsque nous avons décidé de créer un groupe  « centre aéré » tout s’est concentré aux Aspres, nous prenions la suite de notre ami Raymond Mussou professeur d’E P, au collège Carnot.

A cette époque, il n’y avait pas de formation diplômante pour les moniteurs de centre aéré, il n’y avait qu’un diplôme pour les moniteurs de colonie de Vacances et des stages non validants pour les centres aérés.

Nous étions tous issus de mouvements laïcs cemea, francas, et logiquement nous avons opté pour la confédération des œuvres laïques.

Il y avait un autre courant sur Grasse d’inspiration plus ou moins confessionnelle avec le patronage de la Cité Saint Louis, la colonie du Brunet et le club CPJ de Grasse, plus tard Cité Saint Thérèse un peu à l’écart il y avait Jeunesse Camping… Les cadres étaient formés par l’UFCV, inspiré de la philosophie d’Emmanuel Mounier ; les choses ont bien changé depuis puisque tous ces mouvements se positionnent dans un courant d’Education Populaire.

Nous avons eu beaucoup de relations amicales avec ces organismes : rencontres diverses, football, sorties …

Et dans leur groupe, il y avait Jean-Pierre Goletto, André Courrin, Alain Bosio, Raspatti, Robert Verlaque …

Du fait, qu’il n’y avait pas de formation diplômante, seulement des formations associatives pour les centres aérés, qui étaient très générales nous avons opté pour une formation continue dans le cadre de ce que nous appelions centre de perfectionnement de moniteurs (CPM), puis Centre de Perfectionnement Animateurs (CPA) au gré de la législation…

Apres la catastrophe de Juigné (19 morts), les ministères se sont concertés pour créer un diplôme de directeurs et de moniteurs de centre aéré en 1973.

Lorsqu’Hervé De Fontmichel et Jean Crabalona, Maire et Adjoint dans les années 71-77 décidèrent de solliciter le LEC pour animer et gérer les CVL, Aspres, Saint Vallier et Noyer, le mouvement de l’évolution avait débuté bien avant.

Le LEC, bien entendu, n’est pas apparu ex nihilo comme ça …

Tout a commencé à la rentrée 67. Un groupe s’était constitué depuis le mois d’avril, et avait commencé à écrire la première page… Ils s’appelaient Marie-Thérèse et Monique Rouquette, Bernard Achiardo, Geneviène Cornu, Christian Venin, Roger et Christian Devisme, Lise Barret, Renée Magagnosc, Dominique Maigret, Jean-Claude Defamie, Bernard Marques, Jean-Marie Grosso, Yoyo Dalion, Pierre Lanteri, Viviane Hugues,  Antoine Turchi, Rémi Krisanaz …

C’est de ce groupe qu’émergea le club FFC, le groupe CEMEA qui devient peu à près le Centre de Perfectionnement de Moniteurs puis d’Animateurs …

Nous avions tous entre 16 et 20 ans, et formions un groupe déterminé et tolérant ; on ne se souciait pas de créer une structure administrative, la Ville assurait ce rôle, n’oublions pas qu’à l’époque un groupe constitué était reconnu tel que ; le Maire de la Ville Honoré Lions et son adjoint Jean Schiff nous soutenaient en tant que tel.

L’évolution s’est faite par paliers… En 1971, il y a un nouveau Maire Hervé De Fontmichel, et un nouvel adjoint Jean Crabalona, tous deux étaient très favorables à confier à des professionnels de l’animation l’organisation des CVL, gestion comprise. Il est vrai, nous avions quelques années de plus, certains avaient un métier d’autres étaient à la fin de leurs études ou lycéens, mais le groupe avait mûri ; des nouveaux s’étaient joints à nous (Alain Cloarec, Dany Roux, Corinne Wiik, Didier & Bernard Darras, Gilou et Claudine Russeil, Bernard Massé, Jean-Pierre Torres, Gérard et Jean-Marc Délia, Rémy Ripoll, Germain Ferrari, Éric Attanasio, Solange Hugues, José Perez, Cyril Forma, Joëlle Fostinelli, Marc Mattone, Jockey Martinelli, Sarah Fauques-Nicolas, Lucien Cerboni, Amedé Naso, Jacques Frizet, Jean-Henri Merli, Françoise Roatino, les Plaindoux, les soeurs Gerace…) ; ils se sont d’ailleurs reconnus lors de l’exposition du Samedi 24 juin dernier.

Mais en 1971, c’était trop tôt sans doute. Jean Crabalona l’avait compris mais gardait l’idée à l’esprit…

L’idée d’appeler ce groupe Centre de Perfectionnement pour Animateurs, nous plaisait mais l’évolution est faite de hasards, un de nos directeurs avait fait une formation à Grenoble, il ramena l’idée de « Loisirs Educatifs » et le sigle qui sera inspiré par celui de la Maison des Jeunes des Allobroges.

Notre réflexion nous amena peu à peu à l’appellation LEC.

Le partenariat avec la Ville fut de plus en plus fort. Le Maire, Juriste, insista pour que le LEC soit déclaré en association. Ceci se passait en 1973. L’association fut déclarée en 1975 et l’agrément national Jeunesse & Sports obtenu en 1976.

Notre groupe informel devient ainsi le LEC. L’adjoint assurait un suivi et un soutien actif, et cela évolua rapidement vers une ambiance de confiance réciproque, qui contribua à l’élaboration d’un grand projet de rénovation du Noyer, de Saint Vallier et des Aspres qui avaient vieilli…

Ce projet n’aboutira pas pour l’instant puisque la municipalité changea en 1977, et les nouveaux élus n’avaient pas du tout la même conception que nous (du moins de la majorité d’entre nous) de la situation.  Cet arrêt de l’évolution s’arrêtera de lui-même 6 ans plus tard, avec le « comeback » d’Hervé de Fontmichel, Jean Crabalona malheureusement était décédé.

Les projets repartirent, peut-être avec moins de moyens que ce qui étaient prévu avant 1977, mais on rattrapa le temps perdu, grâce à la détermination du Maire qui a beaucoup donné pour leur réalisation.

Quant au LEC omniprésent sur la cité et contrairement a ce qu’on aurait pu attendre, il ne souhaita pas rayer ce qui avait été fait auparavant, il suivi complètement et sans restrictions les orientations définies par le Maire et le Conseil Municipal. ainsi on conserva les structures de quartier, on développa la collaboration avec la CAF et peu à peu se mit en place une coordination intelligente de tout ce système.

La formule LEC aurait pu ne pas exister mais c’est elle qui subsista.  J’ai une conviction, je ne crois pas qu’on aurait pu réaliser tout ce qui a été fait pour l’enfance et l’adolescence sans le LEC et une étroite collaboration avec la Ville. Le LEC était dans son rôle en tant que maître d’ouvrage, la Ville dans le sien comme maître d’œuvre, représentée Denis Gridel, architecte de la ville, qui a été très efficace.

Cela a largement contribué au développement d’une pédagogie durable qui a été imitée mais jamais dépassée. Lorsque nous avons mis en place le Centre de Formations d’Animateurs et de Gestionnaires, il y a eu un véritable nouvel élan qui continue de nos jours : un travail d’équipe créant une véritable osmose au niveau des concepts et du langage. L’unité a été ainsi renforcé par un noyau fort déterminé et concerné…

On retrouve cet esprit dans le projet des classes TICE élaborées en concertation avec l’Education Nationale qui a été agrée par cette dernière. L’enseignant est le responsable du projet, assisté par nos animateurs informatiques, et les animateurs vie quotidienne, les élèves sont ainsi pris en charge 24h sur 24.  Le projet est basé sur un thème choisi par l’enseignant. Cela permet d’illustrer le déroulement de la semaine tout en permettant l’acquisition de compétences. L’Inspecteur d’Académie Philippe Jourdan a été déterminant dans le succès de cette entreprise ; la participation des familles, les aides du Conseil Général et des communes complètent le dispositif… Les liens avec les enseignants sont très forts, c’est pour cela qu’on les perçoit quelque part, intégrés au LEC : Jacques Ceppodomo (15 fois), Stéphanie Angelica (14 fois), Caroline Gallo (12 fois), Anita Jouanot (10 fois), Nadia Valente, Monique Tessot, Karine Tantarelli, Béatrice Broggi, Olivia Paysan-Mayet, et une cinquantaine d’autres enseignants. Quand les gens reviennent souvent c’est que le projet doit être bon, et que ça  marche.

Un regret personnel : les difficultés, voire les reculs par rapport aux NAP. Pourtant une bonne collaboration a été amorcée, mais il faut dire qu’il était difficile de retrouver ce que nous avons vécu au LEC au niveau des synergies, peut-être parce que l’enseignant n’était pas à la tête du projet… Le manque de moyens, les communes se retrouvant presque seules face aux  problèmes financiers, la non prise en compte de la responsabilité des enseignants, le désengagement des pouvoirs publics ont été peu propices  à une réussite véritable … Le statut des animateurs n’a jamais été envisagé, leur place dans les équipes éducatives non plus… Peut-être eût-il fallu mettre en place ce projet plus tôt avec une période probatoire et expérimentale, accès uniquement sur le volontariat afin d’avoir une base de discussion solide, pragmatique prenant en compte la réalité des territoires et des acteurs…. Dommage !

Si une phrase caractérise bien le LEC c’est la suivante :

« La pédagogie n’est pas faite de trucs qui s’apprennent, elle n’est pas non plus le résultat d’un don inné.

La pédagogie c’est l’adaptation à la situation donc l’intelligence.

La situation n’est jamais deux fois la même. »

Comme l’a dit Norbert Sahakian, c’est un combat continu…

Nous aurons toujours plaisir à nous rencontrer car beaucoup ont démarré leurs vies aux Aspres et ne l’ont certainement pas oublié.

Pour certains ce fut une école de la vie, pour d’autres une inspiration pour se propulser ailleurs, pour d’autres encore ce sont simplement beaucoup de souvenirs et d’amitiés, pour le plus grand bénéfice des enfants de notre cité.

Au terme de ces pages, j’ai envie de dire que nous regrettons profondément ceux qui ont disparu et qui représentent comme tous les autres un moment de vie du LEC. (Roger Devisme, Alain Cloarec, Yfic Boschetti, Brigitte Contesso, Jockey Martinelli, Gérard Délia, Robert Bauza)

Mais l’évolution se poursuit pour ceux qui ont fait et qui continuent de faire un bout de chemin avec nous. Et tout particulièrement pour ceux qui œuvrent au présent, le président Norbert Sahakian, Aurélien et Alexia Krisanaz, Marc Facchinetti, Jordan Gineste, Nelly Zamponi, Jérôme Chaubaud, Flavio Soares Tavares, Cindy Redinger, Laurine Di Russo, David Crunchant, Clémence Facchinetti, Jean-Maxime Sittler, Dylan Godart,  Caroline Squarta, et bien d’autres…

La bonne entente avec le Maire de Grasse, Jérôme Viaud, l’aide apportée par ses services sont un encouragement pour la suite…

Vous trouverez de plus amples détails dans une prochaine parution : « Si le LEC m’était conté… »

Rémi KRISANAZ